Slow End
Special Low Frequency Version
La taille compte
Arrasa Con Todo

Avis des chroniqueurs

EyeLovya
Note

Informations

Première édition
1997 (1 x Cd)
Label
Vaya con discos
Avec
Colin Burns : chant
Thos Niles : batterie
Dana Embrose : guitare
Andrew Donheiser : basse
Tracklist
1. Victory at sea
2. Tony Alamo
3. Vitamin
4. Pigs ass
5. Jupiter
6. Carrion
7. Jack Passion
8. Cordite
9. 187
10. +2 charisma
11. 2 lane blacktop
12. Slick black
 

LA GRITONA (États-Unis)

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Sludgecore Grunge Noise rock Crust

Chronique par EyeLovya, le 30 janvier 2017
(423 lectures)

Combien de temps ça va durer encore ça, de miner internet bien à fond et continuer de trouver de l'or quand on pensait avoir épuisé le filon ? La Gritona - la grande gueule, à peu près, en français - pas espagnols pour un sou mais bien originaires de la (visiblement) joyeuse ville de Boston, ont sévi pendant deux seules petites années (1993-1995 si vous voulez vraiment tout savoir) et cet unique album, mais avec quelle sévérité !

Les premiers morceaux de cet immondice d'album misanthrope, avec cette basse en roue libre, laissent penser qu'on aura le droit à une très bonne alternative à Fudge Tunnel, dans une version lestée au plomb qui sonne vachement moins cynique et amer que lesdits britanniques, mais penche déjà dangereusement vers le truc cruel qui salive à l'odeur du sang, du genre qui fait dans le heavy grunge noisy, bien groove pour secouer la foule, mais qui finit au sein même du morceau par tourner à l'Amebix rentré du front complètement flippé, et alors que ça commence à sentir la charcuterie dans la salle, les gens de la foule doivent se regarder d'un air un poil dubitatif avec quelques gouttes de sueur qui perlent sur les tempes. À partir de là, c'est à dire du deuxième morceau en fait, ça part totalement en couille.

De Fudge Tunnel on part très vite sur le trauma-core de Glazed Baby, œsophage réduit en cendres qui fait tord à l'oreille et mal au cœur, dissonances et larsens stridents dégoulinant par tous les pores, menace d'implosion permanente, dégoût de soi et de la mélodie, no-wave de squat dégueulasse qui alterne scènes de bastons de clochards et scènes de baises de clochards ; cette ignominie de groupe conserve, dans toute cette fange du tiers-monde urbain qu'ils imagent, dès lors qu'ils se donnent corps et psyché dans des rythmes plus soutenus et absolument éreintants, un groove sans faille et d'une lourdeur qui ne peut que satisfaire entièrement n'importe quel lecteur de Slow End, une invraisemblable onde de dévastation publique de la plus haute contagiosité...et c'est absolument magnifique.

C'est magnifique parce que j'ai l'impression d'écouter un disque taillé sur mesure pour moi, une espèce de condensé de tout ce que j'aime, un cocktail à base de whisky (tant qu'à faire) avec, en plus des trois groupes déjà cités, du Swans, du Willard, du Goatsblood, du Today is the day et du Botch coupés à l’alternatif 90's, à boire jusqu'au delirium puis l'extinction totale, soulagement ultime, avec les copains de Harvey Milk qui tiendraient encore debout et n'en seraient même qu'au stade des larmes. Youpi.

Arrasa Con Todo en trois mots : alcoolisme, terminal, ...




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