Slow End
Special Low Frequency Version
Suis le cortège...
Modern Rituals

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Cd)
Label
Drown Within
Avec
Deux Lyonnais

+ Marion Leclercq sur "The End of Us" et "Lord Less"
Tracklist
1. White Flag
2. Inked Mask
3. Bad Tooth
4. The End of Us
5. Cloak
6. Collective Dictatorship
7. Northern Light
8. Lord Less
Remarque
version vinyl co-produite par Shove, Poutrage, Vox Project, Dingleberry, No Way Asso, Ker Mess Noar
 

CARNE (France)

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Post hardcore Industriel Noise rock

Chronique par gulo gulo, le 27 janvier 2017
(575 lectures)

Je vais devoir finir par admettre que Breach était un groupe important ; disons, de la même façon que Black Sabbath (allez, ça faisait longtemps que je n'avais fait la pute avec mes têtes de Turcs préférées). Un groupe inventeur, excavateur de quelque chose qui, si eux-mêmes ne l'ont pas su mettre réellement en valeur (Breach se sont tout de même rattrapés, contrairement aux Britons qui n'ont pas eu leur Terra Tenebrosa), a semble-t-il marqué des gens aux rêves plus hauts en couleurs que les leurs : 400 The Cat, This Gift is a Curse... et maintenant Carne.

Voici, a-t-on envie de dire, à quoi aurait dû ressembler Breach s'ils étaient vraiment aussi bons qu'on le dit - c'est à dire, aussi, s'ils avaient eu la chance d'être Français ; du pays de Sister Iodine, Hems, les Thugs et Kill the Thrill, c'est à dire ; du pays où dans les années 90, on n'était pas occupé à confondre grunge et sludge, puisque chez nous on confondait industriel, noise-rock et cold-wave : oui, sur le coup des nineties on n'a pas été à la remorque d'un autre, il est bon de le rappeler de temps à autre. Et on a même tellement été bons et singuliers, qu'on est toujours aussi bons lorsqu'on fait ça aujourd'hui. Du coup on ne sait pas bien, en fait, et ne se soucie pas vraiment de savoir, par où nous arrive Carne, si c'est via l'amour de Breach, celui plutôt desdites nineties d'en France, ou encore s'ils sont de purs produits de la radioactivité moderne comme Death Engine, auxquels on pense également, pour la férocité polaire déployée ici. On se contente de savourer, comme chaque fois que l'occasion se présente on le fait, l'un de ces rares groupes qui savent usiner cette sorte d'emocore qui semble être autant la chair à vif que le basalte sur quoi elle se fait dévaster, le halètement de l'une autant que l'aboiement haché de l'autre ; et qui en l'occurrence le font en le mettant tout naturellement au goût de leur jour - blafard - celui de leur imaginaire, celui aussi d'une production Sauvé caractéristique, qui sied divinement bien au genre pratiqué.

Car toutes ces considérations, c'est bien beau et même très joli, mais ce qu'est Modern Rituals, c'est avant tout une équipée dans la pure terreur, qui dans celle-ci se vautre avec un appétit de noyé pour l'air plus terrifiant encore, jusqu'à en atteindre les abysses faits de beauté pure - bon sang, "The End of Us" ! Il faut savoir faire amende honorable lorsque les circonstances l'exigent : les deux passages de Marion Leclercq sur le disque sont pour le moins... cuisants ; même si les guitares n'y sont pas en reste, question détresse de cauchemar. Une sorte de bain de minuit au milieu des poutrelles rouillées et déchiquetées d'une usine écroulée sur elle-même ; un disque qui vous dépiaute la chair des os, vous fait des trous béants dedans la carcasse, autant qu'il vous donne l'impression d'en sortir lavé : en résumé, Mordern Rituals dégage les bronches comme fait un pipeline qu'on vous encastre en plein buffet. Un disque, pour en finir avec les références d'un temps illustre, qui réveille les sensations, rarement égalées depuis, rencontrées jadis en plongeant dans la nuit d'encre d'un album enfanté dans la même charbonneuse région : le premier Bästard.

Modern Rituals en trois mots : insomniaque, hémophile, fracassé




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