Slow End
Special Low Frequency Version
Ralentir est la solution
... What Creeps !

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Digital)
Label
Autoproduction
Avec
Molasses : chant
Zep : guitare
Jon Harris : basse
Darrell Hefter : batterie
Tracklist
1. Red River Sludge
2. Broken off and Run into the Ground
3. Setting a Pine Box on Fire
4. The Flesh what Creeps
5. Northern Fog
 

COFFIN BURNER (États-Unis)

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Sludgecore

Chronique par gulo gulo, le 18 janvier 2017
(349 lectures)

Là comme ça, sans vérifier de peur d'être un peu trop détrompé pour m'autoriser le parallèle qui va suivre, j'ai envie de dire Goatsblood et Toadliquor - de toute évidence, et sans davantage avoir besoin de vérifier, en plus straight et linéaire, c'est une affaire entendue, en moins spasmodique, en plus laidback, avec quelque chose de Weedeater ; mais on se situe sans conteste à mon sens dans le même genre de sludge Daffy Duck que chez les deux premiers cités, sludge de loubard-canard, de maraudeur à patte-folle, acide au point de fiche surtout l'envie d'y donner des groupes de noise-rock et assimilés comme balises : Cop Shoot Cop, King Snake Roost, The Love Below... Alors que, avec tout aussi peu de conteste, il n'y a ici guère de noise-rock sinon le pH... et peut-être, tout de même, cette basse qui s'entend clairement dans toute son obscène malingrerie, qui fait de l'album de Coffin Burner un tableau dont la construction des trébuchants mais opiniâtres habitants hésite entre Egon Schiele et Eric C. Harrison, et partant quelque chose qu'on pourrait, à la limite et si on avait vraiment des tendances à l'abus langagier (mais ça se saurait), qualifier de redneck-batcave, ou d'anarcho-punk mollusque...

Ce qu'il "y a", surtout, c'est tout ce que Coffin Burner - mais la phrase risque de faire une assez bonne définition d'une certaine forme de sludge, une musique au départ bien bâtarde et difforme, avant de se retrouver imbécilement codifiée - dégage de pas vraiment classable, au fond, sous ses airs benoîtement basiques de hardcore-blues de bouseux collectionneurs de maladies peu ragoûtantes : ce sarcasme à la fois clinique et sale, cette musique à la fois précise et ahurie, au point que par endroits on croirait Shellac qui se serait mis au sludge... A ce compte-là, du reste, au petit jeu des prérogatives de tel ou tel style, on aurait aussi bien des droits à parler d'industriel, tant pour une répétition rendue mécanique par l'abrutissement, que pour de récurrentes noyades dans un bruit aussi psychédélique que l'ingestion d'une conserve avariée, qui achèvent de confirmer une impression d'écouter Power of Jism, qu'on n'osait s'avouer depuis le début... Enfin, le chanteur se fait appeler Mélasse et, tout comme sa performance - par-delà le lubrique même le plus déviant : hallucinée - dans ...What Creeps!, cela résume assez bien tout le merdier - et la façon dont ladite voix, et la basse, y donnent le ton : celui d'une aigre langueur, dont toute l'ambiguïté réside à savoir si elle est hédonisme reptilien, ou harassement pharmaceutique ; et qui donne à cet étrange disque un goût à la fois caniculaire et cold wave ; une manière de Horse Latitudes au Pérou, un peu.

Enfin bref : probablement pas un disque qui fera date dans quoi que ce soit, mais clairement un  de ces disques qu'il est un besoin vital de rencontrer de temps à autre, pour avoir la confirmation que ce type de bargerie existe toujours ; un de ces disques qui vous redonnent foi en le monde. Mais si ils veulent faire plus grandiose et encore plus attachant au prochain, ça me va très bien aussi.

... What Creeps ! en trois mots : chimique, misérable, hanté




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