Slow End
Special Low Frequency Version
Priez !
Descent

Avis des chroniqueurs

Krokodil
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2017 (1 x Digital)
Label
Autoproduction
Avec
Andrew Alexander : chant
Mike Knauer : guitare
Ray Lee : guitare
Tim Sheils : basse
Matt Maben : batterie
Tracklist
1. The Deed
2. Rat King
3. Notched Wood
4. Constant Descent
5. Drawing Blood
 

DESTROYER OF MAN (États-Unis)

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Traditional doom Sludgecore Hardcore

Chronique par Krokodil, le 16 janvier 2017
(325 lectures)

Comme quoi l'on peut débarquer des terres saintes du Maryland et pratiquer le doom sans se sentir obligé d'honorer scrupuleusement le cahier des charges des traditions locales ! Voyez plutôt, l'héroïsme progressif et turgescent des Anciens, on pourra le chercher tant qu'on veut ici, il n'existe pas. Ou alors à l'état de réminiscences lointaines, de ruines et de décombres. L'essentiel, me direz-vous ? Nan, Destroyer Of Man sont du genre émancipés, et leur came à eux, elle se trouve nettement plus au nord, quelque part entre Boston et New York. Comme les dissonances plaintives et miséreuses d'Unearthly Trance, par exemple, le sludge ascendant beumeu emmuré dans les sous-sols du ghetto, celui qui sent la pisse et l'humidité, et qui est parfaitement infoutu de dépasser les 60 bpm. Ou comme le finest du NYHC : Irate, Merauder, All Out War, et ainsi de suite. Même amour du thrash, de l'équitation à niveau olympique, des riffs en tank top qui chient la haine et tout le folklore que vous connaissez déjà. Sauf que ? Et bien sauf que - éthique slowendienne oblige - et Destroyer Of Man étant un groupe de doom pour de pas semblant - leur hardcore à eux n'a pas vraiment la condition physique requise pour ce qui est de retourner des gueules en série… Et vu la lenteur relative de la chose, et le caractère invariablement morose qui s'en dégage, si l'on est dans le hardcore, c'est plutôt celui parfaitement vain et désespéré du fossoyeur insomniaque et accro aux barbituriques… Ce qui figurez-vous leur va très bien - la morosité, les tombes, les barbituriques - et ne fait qu'accentuer ce qui est déjà très largement présent et prégnant dans Descent (qui là aussi porte bien son nom) : un subtil parfum d'amertume, de tristesse et de frustration. Enfin... Leur truc à eux, quand on y pense, surtout, c'est Grief. Ils ont même un gars qui imite Jeff Hayward assez bien. Pas comme ces nouveaux spéléologues de la connerie que sont Fistula depuis 3-4 disques, avec leur Grief sauce Fast And Furious tout graveleux, mais plutôt comme de véritables galériens défigurés par la haine, piétinant laborieusement dans la fange urbaine, en quête d'un semblant de quelque chose (que jamais ils ne trouvèrent... évidemment), obstinés qu'ils sont à cultiver l'absence presque totale de nuance et de souplesse, se contentant simplement - et admirablement si l'en est - de stagner dans leur propre merde.

Après, je ne vous le cache pas non plus, les choses sont ce qu'elles sont, et Destroyer Of Man vient toujours du Maryland, si par moment ces guitares cafardeuses et belles comme le naufrage d'un contre-torpilleur vous évoquent Revelation, c'est tout à fait normal. Et l'on ne s'en plaindra pas.

 

Descent en trois mots : estropié, mélancolique, doucereux




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