Slow End
Special Low Frequency Version
Ode aux crématorium
II

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2011 (1 x Cd)
Label
Inverse
Avec
Tommi Hartin : basse
Jani Peltola : batterie
Patrick Ellison : guitares
Juho Laitinen : guitares
Valendis Suomalainen : voix
Tracklist
1. Heavens
2. Earth
3. Dogs of Doom
4. Promise
5. Water
6. Babylon
 

HEREM (Finlande)

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Traditional doom Doom death Psyché

Chronique par gulo gulo, le 14 janvier 2017
(209 lectures)

Ce qui est assurément bien pratique mais également assez beau, à commencer la découverte sérieuse de Herem par le volume III, c'est qu'avec ce qui vient avant, en tous les cas II, on a le sentiment de voir la recette fabuleuse que l'on connaît s'élaborer, en des tâtonnements que du coup on trouvera touchants.

Presque tout est déjà là, cette fois : le merveilleux organe de Valendis, peut-être même encore plus impressionnant ici, dans un registre un poil plus classiquement death, et l'intensité de rouleau-compresseur que l'intéressée met, dans les growls comme dans les glapissements de harpie féroce ; les passages où Tool et Crowskin se confondent dans une hémorragie au ralenti de caillots et de boue, dans la majestueuse agonie d'une manière de gorgone ravagée par la tuberculose ; le delay, qu'un des guitaristes semble affectionner, et la couleur onirique qu'il contribue à porter sur les morceaux, parfois à l'improbable lisière du trip-hop - quelque chose d'épais, dans le genre Elysian Fields, quoi - parfois jusqu'à faire croire au mirage d'une scie musicale pour quelques secondes ; et ce don inimitable pour se montrer aussi lancinants qu'onctueux, aussi abrasifs que narcotiques.

Il n'y a pas de presque, en fait : ce qui virera carrément stoner-sludge et flamboyant avec III, c'est tout simplement une dévotion déjà bien présente et fervente pour le hard et sa racine blues, dont découle comme de bien entendu un amour du solo laiteux aussi grand au bas mot que chez Karl Simon, ou votre serviteur à quinze ans ; ma parole, celui qui s'élève à la fin de "Earth", il serait digne seulement de celui de Bathsheba sur "Manifest"… s'il n’était juste une récidive (ah, l’inconvénient léger de commencer les histoires par la fin… une précidive ?) de ce que Herem fera sur "Slumber" l'album d'après : le coup du moment hard du feu du centre de la terre, en bouquet final du morceau au commencement le plus sibyllin de l'album ; en fait, tout bien considéré, c'est peut-être même encore au-delà des deux illustres phénomènes cités, puisqu'ici tout le morceau semblerait, pour un peu, se bâtir tout entier dans l'unique but d'en fin exploser et ruisseler en cet extravagant moment d'éternité - là-bas, derrière l'étrange horizon, vous voyez ? il suffit d'y croire, vous verrez... Aussi bien on pourra simplement diagnostiquer un art caractérisé et resplendissant du savoir-jouir, ce qui relève du simple épanouissement sain lorsqu'on prétend jouer le doom.

Ici, toutefois, on sera en droit de se demander lequel est le plus bizarre, du morceau cité, ou de "Babylon" et son finale qui peu à peu s’enlise et désaccorde en une manière de sensuel effondrement de la réalité tel qu'on n'en trouve guère que chez The Acacia Strain, avant de virer carrément au surdeath warpien, et de s'évanouir. Le mystère n'est pas une seconde nature chez Herem, c'est la première.

Tout est là, déjà ; de toutes ces choses qui font le bouquet musqué de Herem, le dosage simplement n’est-il pas le même, et le résultat par le fait sonnant plus metal, chevaleresque presque - comme peut l'être une repirse de Worm Ouroboros par Bolt Thrower, ou quelque chose qui va chatouiller du côté de Mindrot et Asunder, mais en moins tourmenté, moins mâle et moraliste ; quelque chose qui aurait la puissance de beauté râblée d'un SubRosa époque Mighty Ones, en y remplaçant la new-wave par le blues, le grunge par le death... et les ouvertures vers la féerie prochaine et ses paillettes d'or, par un amour déjà incurable, chez Herem, pour les croisières à la dérive vingt mille lieues sous la terre, au fil des tranquilles fleuves de lave, dans la chaude pénombre.

La différence entre II et III, elle est peut-être à la vérité bien celle que l'on perçoit d'emblée, à savoir que II est plus sage, compassé... Que cela le rende moins déraisonnablement beau, voilà qui est moins sûr. Raisonnable, en tout état de cause, il m'est impossible pour ma part de l'être à l'encontre de pareils blocs de succulence.

II en trois mots : lent, jus, noir




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