Slow End
Special Low Frequency Version
Pour l'amour du fuzz
The Wolvennest Sessions

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Derelictus
Note

Informations

Première édition
2016 (1 x Cd)
Label
WKN
Avec
Albin Julius
C. Von Burtle
Michel Kirby
Marc De Backer
Marthynna
Tracklist
1. Out Of Darkness Deep
2. Unreal
3. Slow Death
 

DER BLUTHARSCH (Autriche)

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Industriel Psyché Gothique

Chronique par gulo gulo, le 29 décembre 2016
(269 lectures)

Peu importe qu'éventuellement ce soit du krautrock dont il s'agît - si c'est pour dire une musique à laquelle il faudrait afin de l'apprécier être éduqué, ce que nommément l'auteur de ces lignes n'est pas : c'est là une idée - celle tout comme celle des disques qui se méritent - que je rejette en général en me gaussant bien fort voire en cabotinant plus que Depardieu ne permet, mais qui pour sûr n'est d'aucune pertinence en l'occurrence, vu l'esthétique vers où le présent disque aventure le kraut si kraut il devait y avoir ; ou d'une hypothétique tentative de création d'ambient rock. Cela ne fonctionne simplement pas.

Ce petit disque part avec un lourd handicap : de ses sessions d'enregistrement, les mêmes dont à résulté le WLVNNST de Wolvennest, il ne retient pas autant que ce dernier, et constitue donc, arithmétiquement,  la plus grosse partie de son corps avec ce qui reste le plus gros défaut de son faux-jumeau : "Out of Darkness Deep". Soit un morceau, donc, d'ambient-rock (dira-t-on pour désamorcer toute querelle de doctes cuistres) qui ressemble à l'un de ces morceaux que même Electric Wizard n'ose publier que sur des tirages ultra-limités, tellement ils sont sûrs que seuls les plus abrutis des fans hardcore pourront en concevoir le moindre désir ; ou à un disque de Zaum qui serait rayé dès son troisième sillon.

Par moments, attention, on se prendrait presque à y croire - par endroits où le morceau, l'idée solitaire qu'il beurre sur une trop grande tartine, semble se concentrer sur ce qu'il peut avoir en germe de techdub - dites kraut si ça vous sied mieux, peu me chaut - sur sa pulsation en somme, et la laisse enfler et devenir plus heavy que ce riff qui ne l'est pas pour un belin ; elle qui vaut tellement mieux que ce non-riff lavable en machine... Mais au final il ne fait que révéler la même chose - voire d'encore plus criante façon - que l'autre disque, à savoir qu'Albin Julius est un type doué, de qualités de metteur en son, mais qui fourni en matériel de second choix - la voix de Marthynna, le riff sans power dont il est question - ne saurait accomplir de miracle, ni espérer atteindre l'Olympe qu'il aperçut avec When Did Wonderland End ? et A Night in Fear (bon : dans ce dernier cas il était un peu plus qu'aidé).

L'ambient rock c'est viable, voyez Urfaust, voyez Blood Fountains - et voyez comme ils ne font pas l'erreur d'utiliser du riff débile - pour quoi faire ? "faire ambient" ? Un riff débile, ça n'accomplit rien. Même un riff de Blut aus Nord, ça possède une certaine forme d'attaque. Si l'on doit retenir quelque chose de positif de "Out of Darkness Deep", c'est que le doom existe, que c'est un vrai métier, et qu'il ne suffit pas de répéter n'importe quelle paire de notes suffisamment longtemps avec acharnement sur une guitare, pour mécaniquement et impitoyablement créer la transe.

A part cela, on retrouve également ici "Unreal", dans une version comme qui dirait ni moins bonne ni meilleure que celle de WLVNNST : différente - mais qui pour le coup prouve encore un peu davantage ce qu'on soupçonnait à l'écoute dudit album : que tout ceci n'est que du Der Blutharsch, peu importe qui l'a composé ou orchestré en sous-main, et qu'aucun savoir-faire rock n'a été mobilisé pour arriver à ces morceaux. Du coup, la version Derblu de "Unreal" est encore plus apo-folk-indus, et chacun selon son point de vue la trouvera plus aboutie ou moins ébouriffante ; personnellement, passées les écoutes de curiosité spéculativo-littéro-toussa, j'ai fini par voir mon camp me choisir de façon tristement peu étonnante.

Le disque se conclut avec un "Evil Love" qu'il avait gardé par-devers lui, et qui tire enfin la veine industrielle narcotique du morceau précédent vers le franchement congelé, et une forme de psychédélisme quasi-black metal, gris et gourd comme de juste, qui rappellera Wold ou Valley of Fear... La chose sera cause que, l'écoute d'après, on prendra mieux conscience de comment la copie rendue par Albin Julius met mieux en lumière - blafarde, bien sûr - ce que ces morceaux peuvent avoir de Nico ou de November Növelet ; voire de Burzum ; ce qui, d'évidence, vaut bien mieux que ce qu'ils peuvent avoir d'un Jex Thoth de chez Tati. On pourra, donc, décider de voir la chose comme une construction, un échafaudage...

Enfin, une fois tout ce brouillard analytique auto-suggéré dissipé, le constat qui émerge de lui-même avec toute la simplicité du réel, c'est que ces morceaux sont ni plus ni moins que du Moon Lay, et même du qui viserait à retrouver un peu la veine développée précisément sur A Night in Fear, mais dont le parti pris d'utilisation d'éléments rock (supposé chamanique par essence ?) échoue un brin tristement à les rendre tout à fait indispensables.

The Wolvennest Sessions en trois mots : peine, à, jouir




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