Slow End
Special Low Frequency Version
Ode aux crématorium
Hipoxia / Gangrened

Artistes participants au disque

GANGRENED Web
HIPOXIA Web

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Krokodil
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x K7)
Label
Discos Macarras
Avec
Hipoxia :
K : batterie
JK : guitares
E : voix
O.S. : basse
H.B : samples, bruits

Gangrened :
Owe Inborr : batterie
Andreas Österlund : guitares
Jon Imbernon : guitares
Ollijuhani Kujansivu : voix
Ilkka Kumpulainen : basse
Tracklist
A1. Hipoxia : Gangrened Reality
B1. Gangrened : To the One that Leads the Way
B2. Gangrened : Hatehol
Remarque
300 exemplaires
 

Chroniques de splits et de compilations


Sludgecore

Chronique par gulo gulo, le 06 août 2016
(490 lectures)

Pour ce qui concerne Hipoxia...  Une troisième sortie - dans l'ordre de leur découverte par l'auteur de ces lignes - normalement, ça permet de trianguler, de situer un peu plus en relief, en profondeur, l'identité, la forme d'un groupe. Déveine, avec Hipoxia cela permet surtout de découvrir qu'en fait ils sont bien plus retors de trajectoire qu'on ne l'avait voulu croire, et qu'ils sont ailleurs chaque fois - des clébards errants, en vérité, il s'agit bien de cela. Visiblement, ils ont compris tout ce qu'il y avait à déduire du format split, concernant la forme à donner à leur morceau, contrairement à maint fâcheux qui s'y est frotté, et comment il convenait d'en faire autre chose qu'une expérience de deux frustrations à la suite : en jouant un morceau qui tient tout seul, avec un début, un cheminement, une fin - plutôt qu'un morceau semblable à ceux de leurs albums mais privé de ce qui l'étaie sur un album.

Et donc, cette petite nouvelle qu'est "Gangrened Reality" est, étonnamment, narrée majoritairement par une voix entre power electronics particulièrement remonté et black metal exagérément inhumain, façon vieux Krieg... tiens, justement les références qu'on se voyait sauter à l'esprit (et détromper par la musique) devant la pochette de SDEOE. Peut-être que la référence la plus pertinente s'il en fallait une à tout prix, pour situer sur la carte du vomi cette confusion psychédélique entre noise et black metal, serait plutôt Thralldom, il semblerait d'ailleurs que Hipoxia soient assez admiratifs de la musique d'Unearthly Trance... et justement, c'est bien de l'esprit de ces derniers que se rapproche plus que tout la musique d'Hipoxia : particulièrement dans un morceau hors album comme celui-ci, dont tout comme Unearthly Trance ils saisissent l'occasion pour se laisser partir en vagabondage, eux et leurs tiques fidèlement arrimées au râble ; mais aussi dans cette simple et première faculté, qui a peu d'équivalent, à flâner ainsi en toute liberté, dans les ombres, entre l'âpreté famélique du black et l'onirisme d'un sludge puissamment fermenté de psychédélisme - et, ce qui surtout nous chaut, à nous y emporter, dans sa nausée enivrante, dans son brouillard injecté de sang, dans sa spirale étourdissante qui commence bien entendu par un long attendrissement de la viande par un lancinement renforcé en persuasion par un orgue malveillant à souhait, avant d'embrayer sur une irrésistible tornade aussi jouissive qu'elle donne envie d'aller se désinfecter, et qui n'est encore que le dernier préliminaire à la - courte - séquence de rituel du sang et de curée déjà à moitié repue par toute la cruauté paresseuse qui l'a précédée, et dont pourtant la bestiale exultation semble presque prometteuse de nouveaux sommets d'ivresse insane - qui conclut le morceau. Il va sans dire que tout du long le batteur y fait merveille, mais non moins que ses copains, comme lui maîtres dans l'art discret d'imprimer une cadence de galérien à tout ce qu'on fait - oui Monsieur, même le black metal, ça se fait très bien, c'est même pour cela qu'un groupe comme Hipoxia, malgré le vécu bien garni en corpse-paint de plusieurs de ses membres, peut revendiquer un statut de sociétaire du doom sans la moindre conteste imaginable ; puis les galères, les rats aiment bien ça et les rats, nous on aime bien aussi.

 

Quant à Gangrened... C'est chouette, il existe un vaste espace entre Electric Wizard et Grief. Vous dites ? Tellement vaste qu'il ne ressemble à rien et que le risque est grand, de s'y étaler comme une flaque si l'on n'a pas soi-même une solide colonne vertébrale, du style personnalité pré-existante ? C'est précisément pour cela que je l'ai choisi, cet emplacement, figurez vous ; eux, en revanche, je ne sais pas.

Le genre de groupe qui te fait aller repêcher pour la what-millième fois les disques de Suma, qui ne peuvent tout de même pas être aussi nuls que cela, après tout. "Hatehol", ben tiens... Remarquez, ça les définit assez bien, avec cette consonance flasque de nom parfait pour le générique, qu'incarne si parfaitement leur musique - faisant du même coup de ce split une opposition elle aussi parfaite, où pour sûr personne ne vient chasser sur les terres de l'autre.

Hipoxia / Gangrened en trois mots : vivement, la, compilation




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