Slow End
Special Low Frequency Version
Encore 80 mesures, le riff
Organon / Biche

Artistes participants au disque

BICHE Web
ORGANON Web

Avis des chroniqueurs

EyeLovya
Note

Informations

Première édition
2016 (1 x 12in)
Label
Poutrage records
Avec
Organon :

Seb Perotin
Pier de Beyr
Meddy Vava

Biche :

Loïck Le Hénaff
Meddy Vava
Tracklist
A1. In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni
A2. Coal Sheep
B1. Il faut qu'on parle
B2. J'ai encore rêvé d'elle
B3. Trop tard, je suis déjà en pyjama
 

Chroniques de splits et de compilations


Sludgecore Post hardcore Black metal

Chronique par EyeLovya, le 12 juin 2016
(747 lectures)

Le tendre souvenir du premier essai de Biche m'a laissé un tout petit peu dubitatif à l'écoute de la première face de ce split signée Organon : quel va bien pouvoir être le lien entre ces deux entités ? Une minute trente de recherche plus tard, je comprenais que les deux formations réduites (trio vs. duo) partagent au moins le même batteur Meddy Vava.

Mais en effet, Biche d'un côté, cette paire de rednecks bien de chez nous que l'on connait pour avoir sorti un miracle de sludge-noise rock qui tenait parfaitement debout et n'avait à rougir devant aucun compatriote trop sérieux dans son lard ; pas évident d'abord à rattacher à Organon de l'autre donc, apparaissant dès ce premier contact autrement plus arty et forcément plus engoncés, avec leur post-whatever d'une vingtaine de minutes quasi-instrumentales, chargées de samples cinés méconnaissables pour le commun des mortels et de références religieuses. Facilement rapprochables en ça d'un Decline of the I, il faut au moins leur concéder la connaissance de l'harmonie comme de la dissonnance, ce qui est toujours une qualité à souligner. Capables de rendre émouvant l'appel d'un muezzin, ceux-là savent aussi plomber dans la saturation et le larsen, et ici l'absence de déchirement vocal manque cruellement, comme à l'habitude en ce qui me concerne, les trois dernières minutes à la (Men of) Porn ne suffisant pas à relâcher la pression.

Biche de son côté confirme et sur-valide complètement la tendance Decline of the I du disque, à tel point que ç'en devient même confondant sur Il faut qu'on parle -et c'est un compliment- son, voix, arpèges gracieux mais viciés, déluge victorien, pour des gars qui ne revendiquent pas du tout, si ce n'est pile l'opposée, l'influence littéraire. Le fil rouge du disque paraît alors évident. Le noise rock a été remercié, et le black, simple nuance discrète auparavant, se fait plus prégnant : tous les chemins mènent à Darkthrone, et particulièrement le second morceau et son riff final explicite qui aurait pu en rester à Eibon s'il ne s'était élevé dans les octaves. Ainsi Biche creusent-ils un peu plus l'écart entre leurs intitulés fendards et les musiques pas fun pour un sou, le genre d'humour de défense pour une vie qui part toujours un peu plus en couille, et si le résultat sonne un poil moins sludge au final, l'inventivité fait toujours autant plaisir et à se sentir tiré vers le bas comme ça, ça ne trompe pas, Biche reste doom jusqu'à la moelle. 

Organon / Biche en trois mots : Claude Serre doom




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