Slow End
Special Low Frequency Version
Suis le cortège...
Shine

Avis des chroniqueurs

Rocky Turquoise
Note

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2002 (1 x Cd)
Label
Massacre
Avec
Jan-Dirk LÖFFLER (guitare), Kai BERGERIN (batterie), Karsten JÄGER (vocaux), Jochen TRUNK (basse), Oliver LENZ (guitare)
Tracklist
1. No control
2. Walk
3. The decline
4. Shine
5. Me and my world
6. Alive
7. Honour killings
8. Falling without reason
9. Mad sick mankind
10. Free
 

DISBELIEF (Allemagne)

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Post hardcore Thrash metal

Chronique par Rocky Turquoise, le 10 juin 2004
(554 lectures)

Aujourd'hui, dans le cadre de notre programme "chroniqueur qui se croit plus cultivé que la moyenne", on va parler d'un groupe encore injustement méconnu : à savoir les allemands de Disbelief. Formé en 1991, la formation teutonne s'éloigne rapidement d'un thrash expérimental pas franchement folichon, pour s'essaier à un son unique, habile mélange de neo metal lourd, de post-hardcore sous speed ou de thrash moderne, et ce n'est encore que peindre le coin droit du cadre du tableau, puisque Disbelief ne jouent en fait, aucun des styles sus-cités - ni même un mix alternatif des trois, mais au contraire naviguent dans une direction unique (ce qui induit que buter sur ces termes ne vous authorise pas à arreter la lecture de cette chronique). N'est pas faute d'avoir tourné avec des pointures aussi prestigieuses que Obituary ou Bolt Thrower, ce "Shine" est le deuxième brulôt du groupe à sortir dans une quasi-indifférence (j'omets volontairement les deux premiers albums qui n'ont que très peu d'interêt donc).

J'admets volontiers que Disbelief n'est pas le groupe le plus représentatif de Slow End : trop rapide, répétitif par défaut et non pas par choix, pas psychédélique et encore moins evil-sick-twisted-fucked-up doom, méfiez-vous donc, hippies des temps modernes, ceci risque de ne pas être came à votre goût...

Mais revenons à nos moutons. Sur ce Shine, les allemands poursuivent plus ou moins la lancée du déjà fort bon "Worst enemy", à savoir une musique TRÈS axée guitare (NDLA : interdiction formelle de prononcer le R à l'allemande), dont les riffs rythmiques mais mélodiques extrêmement simples dans leur éxecution (peu de contretemps, tempi rarement autres que binaires, motifs mélodiques qui ne dépassent pratiquement jamais les 8 notes), mais pachydermiquement massifs se superposent et s'interchangent efficacement. Il n'y a jamais de gros changement de rythme, ou breaks surprenants, au contraire ceux-ci (si déjà on peut les qualifier de breaks) sont généralement lentement amenés par quelques guitares non saturées qui viennent faire le lien entre le riff précédent et le riff suivant (dans le schéma "on bourre avec classe - on s'arrête - on joue le riff suivant tranquilou - on rebourre (...)"). Ne me faites pas dire d'âneries, le tempo général est élevé et le feeling puissant, n'allez pas croire que je suis en train de vous décrire un brulôt de desert rock.
Les compositions, malgré leur non-complexité, sont quand même plutôt riches, et le groupe sait y incorporer quelques petites arrangements au piano, des plans plutôt sympas à la batterie, des guitares sans disto aux effets "aqua" qui vous rapelleront vos vacances en Indonésie pendant la saison de mousson, des vocaux clairs par-ci par là qui tranchent plutôt efficacement avec les hurlements gutturaux lointains et monocordes, mais ultra-puissants du gros Karsten Jäger (devrais-je dire, des phrases en clair, comme niveau feeling, çà s'apparente plutôt à euh... des samples issus d'un drame psychologique). En tout et pour tout autant de petites attentions qui rendront ces moments inoubliables...
Ce qui fait sans doute toute la singularité de Disbelief, est son toucher guitaristique très "flux continu", c'est à dire que les plans s'enchaînent très naturellement sans jamais véritablement s'arrêter, et sans non plus donner à l'auditeur une sensation de trop plein au bout de 3 minutes de bourrinage ininterrompu (il faut bien signaler à ce sujet que le son très frais et "tranquile" du batteur y est pour beaucoup). De même, la basse bien deftonienne (comprenez féline et lourde comme du plomb) (influence par ailleurs, que les allemands ne renient absolument pas) donne une profondeur supplémentaire à leur magma de distorsion excessivement bourrin. Pour couronner le tout, une troisième couche de guitare vient souvent en fin de composition opposer une mélodie décalée d'une ou deux octaves vers le haut, donnant une petite touche faussement dépressive ma foi tout bonnement super bien vue (si vous voulez que mojo sorte, envoiez un SMS "Alsace" au 666).

Bref Disbelief c'est un peu tout çà, l'impression de se laminer la tête avec du bourrinage efficace, à une table de plage, sous un parasol en paille, perdu sur une île tropicale, sous un ciel violet-jaune-moite d'orage...

Shine en trois mots : exotique, massif, profond




Post hardcore Industriel Thrash metal

Chronique par gulo gulo, le 01 août 2017
(235 lectures)

Gigandhi, évoquai-je dans la chonique de Disbelief, et continue-je de penser, chaque fois dès les premières épaisses ondulations de Shine, lequel ensuite elles parcourent de bout en bout ; mais également, en vertu de cette même cadence de vol d'albatros harassé que l'album emprunte, l'Isis de Panopticon, groupe auquel on pourrait d'ailleurs comparer Disbelief également au titre de cette permanente invraisemblable débauche d'intensité, laquelle est ce qui frappe aux premières écoutes de Celestial - et finit au cours des suivantes par assommer, mais de migraine, et non d'abattement émotionnel comme est le cas avec un disque de Disbelief, un bon en tous les cas.

Ce qui - le terme "émotionnel" - nous fournit, en sus d'une occasion trop longtemps différée d'une nouvelle calotte à Aaron Turner, une transition toute trouvée vers l'autre groupe que la tonalité propre à Shine évoque : Envy. C'est dans ces nuées d'hypersensibilité tarte mais à décorner cent bœufs façon souffle d'Hiroshima, que par endroits la nuance particulière de douleur, hurlée par Disbelief sur le présent album, va carrément se tordre, mi-extase mi-agonie - mais toujours avec un coefficient d'abrasion qui ne rend de comptes qu'à Asphyx et Morgoth - Karsten Jäger, encore, toujours.

On résumerait bien Shine, du coup, en un étiquetage emo-death, ou atmo-thrash, plus encore qu'un autre de leurs albums, mais cela ne suffirait pas à dire la vaste simplicité de cette musique, par laquelle on pourrait presque croire que, dans ses errements en eaux subtilement mouvantes, ses auteurs cherchent eux-mêmes à résoudre l'énigme de leur identité - mais la chose est bien moins cérébrale que cela, et plus viscérale : à preuve, les amateurs de Disbelief sont souvent des amateurs de Napalm Death, dans le même genre bourricots capables de riches de nuances d'eux-mêmes inattendues, et d'albums aussi nombreux que trompeusement intervertibles. Bref : Disbelief, ici, parvient à se montrer aussi aérien, automnal et nébuleux, qu'il reste toujours aussi minéral, et inflammatoire ; son saturnisme au groove marqué par les nineties - aussi flottant que saccadé, en une forme de mise sur orbite, ici en particulier, du riffing Deftones canonique - et les fantômes gothiques qui les accompagnent toujours de loin, se fondant comme fleurs dans ce paysage brumeux, délavé, fertile comme les couleurs de la pochette, amer pourtant avec fureur.

Les albums de Disbelief, cette ribambelle de clones ratés, sont tous uniques ; mais certains, aussi paradigmatiques et parfaits soient-ils en l'occurrence, sont plus uniques que d'autres.

Shine en trois mots : céleste, langoureux, salin




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