Slow End
Special Low Frequency Version
À quelques pas du sol
Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1

Artistes participants au disque

STONEBIRDS Web
STANGALA Web

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x Cd)
Label
Autoproduction
Avec
STONEBIRDS :
Sylvain Collas : basse, voix
Louis Evain : batterie, voix
Flo Thierry : guitare
Fañch Le Corre : guitares, voix

STANGALA :
Thomas Coïc : batterie, saxophone
Steven Le Moan : guitares, voix

+ Christophe Sourice (chœurs sur "Red is the sky")
Pierre-Loup Corvez (lead sur "Red is the sky")
Jana Blahova (chœurs sur "Konk kerne")
Tracklist
1. Stonebirds - Red Is the Sky
2. Stonebirds - Game Over
3. Stonebirds - Outro Drama
4. Stonebirds - Red Lights
5. Stonebirds - Dark Passenger
6. Stangala - Kemper
7. Stangala - Konk Kerne
8. Stangala - Ar Stang
9. Stangala - Evel ar Re Yen
10. Stangala - St Alar et les algues hallucinogènes
 

Chroniques de splits et de compilations


Stoner Psyché Gothique Blues rock Folk

Chronique par gulo gulo, le 10 avril 2015
(799 lectures)

S'il n'y avait qu'une bonne raison d'écouter de disque, ce serait pour assister en direct à la mue des Stonebirds ; au moment précis où ils sautent d'un début de carrière gentiment, scolairement, gauchement appliqué à mériter la première moitié de leur nom, à une seconde partie qui les voit s'envoler sans aucun poids apparent où les y prédestinait l'autre partie, dudit patronyme.

Indéniablement, cet état transitoire, voire inchoatif, ne va pas sans maladresses - essayez donc de sortir en la déchirant d'une chrysalide, sans trébucher et tituber quelque part - et on ne va d'ailleurs pas passer la nuit à les recenser puisque notre métier n'est pas testeur à l'Auto-Journal ni inspecteur des travaux finis, mais de donner envie aux gens d'écouter les choses ; mais il serait tout aussi ridicule et vain de ne pas vouloir reconnaître le furieux potentiel qui déjà ici commence, par saisissants éclairs, à s'exprimer, et à transir l'auditeur ; en plus d'un endroit ce serait à croire entendre Down visité par un ange ; un ange crevard, c'est à dire, efflanqué et dégingandé ; un morceau comme "Red Lights" aurait carrément pu figurer sur Into the Fog... and the Filthy Air... n'eût-il été sublimement émaillé de réminiscences d'Alice in Chains et Pearl Jam telles que bien peu en sont capables d'aussi délicatement maîtrisées - sans doute car elles ne le sont pas, seulement fruits de l'inspiration - et qu'on ne trouve pas, elles, aux notes de dégustation de l'auguste album à suivre. Le processus est tellement ici en plein déroulement, qu'un morceau tel que "Game Over" démarre comme l'exemple type de toute la maladresse et la verdeur dont ils sont susceptibles, avant sur sa dernière partie de muter en celui de toute l'insolence et la grâce qui déjà les arrachent peu à peu au plancher des bœufs. Sans même parler de cette voix d'or pur et volatil en train de commencer à se révéler.

 

Mais il n'y a pas qu'une bonne raison d'écouter ce disque. Il y a Stangala. Le groupe de stoner doom druidique "trop breizh power" pour mériter d'être ici ; que l'auteur de la formule au passage ne se sente pas visé : il n'a fait, en ce qui me concerne, que formaliser, avant que je n'aie besoin de me poser la question, ce que j'étais déjà tout prêt à penser du groupe avant même de l'avoir écouté ; ainsi, personne chez nous n'a-t-il jamais jugé utile de parler du groupe ; quant à moi, j'ai mon excuse-circonstance aggravante accoutumée : je n'avais même pas écouté.

Et me voilà attrapé. Trop breizh, Stangala ? Sûrement sont-ils blonds et laineux de cheveu, et barbus, et rigolards, et gentils, et alcooliques - excusez, je ne retrouve plus tous mes clichés approximatifs sur les locaux, tant suis-je troublé - les morceaux assurément sont chantés en bretonnien, il y a du biniou... Mais enfin, c'est avant tout n'importe quoi-power, le doom de Stangala ! Du cartoon-doom perché, si l'on veut... mais quid alors, et cette fois il n'est certainement pas question de feeling et d'obsession de ma part - de ces deux morceaux de pur vulgoth que sont "Kemper" et "Evel ar re Yen", avec leur irrésistible ragoût de Sopor Aeternus, de Qntal, de Sisters of Mercy et de "tous sur la piste de danse, séance tenante cherchons nos clés" ? de ces récurrents cris de dément à vous cailler les fluides, d'orfraie beumeue buveuse de sang parfaitement allumée ? de "Ar Stang" qui organise un polar échevelé entre vieux QotSA, Doctor Smoke et Steroid Maximus ?

On le comprend vite à tenter de suivre l'averse (il manquait un cliché sur la Bretagne) d'analogies qui viennent en tête au fil de ces péripéties, Stangala ne choisit pas entre polar, occultisme, Blake Edwards, doom, prog funky, bourrée celtique versant fatalement dans le grouft médiéviste - parce que tout ça fait partie de leur identité débraillée mais affirmée, et que choisir s'il faut se rouler par terre de rire ou se pelotonner de terreur sous la table : ça c'est votre problème, pas le leur. Leur préoccupation majeure lors de ces sessions - tout comme celle de Stonebirds, se dit-on devant certains détails qu'on finit par remarquer de plus en plus sur leurs morceaux aussi bien, l'échevelé "Outro Drama" en tête de gondolade - a dû être d'endiguer les flots de visions aussi extravagantes qu'impérieuses dispensées par la bouteille. Ou du moins de leur faire honneur. C'est réussi.

Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1 en trois mots : drunken, master, style




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