Slow End
Special Low Frequency Version
Fais du doom, pas la guerre
You, Whom I Have Always Hated

Artistes participants au disque

THOU Web
THE BODY Web

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
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lucas
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Krokodil
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Informations

Première édition
2015 (1 x 12in)
Label
Thrill Jockey
Avec
The Body
Thou
+
Chrissy Wolpert & Reba Mitchell : voix
Seth Manchester & Keith Souza : percussions
Tracklist
A1 Her Strongholds Unvanquishable
A2 The Devils of Trust Steal the Souls of the Free
A3 Terrible Lie (Nine Inch Nails)
B1 Beyond the Realms of Dream, That Fleeting Shade Under the Corpus of Vanity
B2 He Returns to the Place of His Iniquity
B3 Lurking Fear
Remarque
les morceaux se trouvent également compilés sur cd avec ceux de Released From Love, chez Thrill Jockey également.
 

Chroniques de splits et de compilations


Sludgecore Industriel

Chronique par gulo gulo, le 02 février 2015
(944 lectures)

On tombera d'entrée d'accord pour se dispenser ici de tout le champ lexical du charnier, de la guerre sale, de l'extermination, du crime contre l'humanité, des armes automatiques, de la maladie tropicale et vénérienne aux symptômes photogéniquement prisés par tous les amoureux de tiques et sangsues ; merci. Chacun connaît les auteurs des faits.
Il est question, avant tout, de mettre la raclée comme si c'était fête nationale. De mieux en mieux se traduit ici une osmose et une gémellité qu'on sait réelles et claironnées entre les deux groupes, lesquels parviennent à se mutuellement renforcer et se souder dans une intention commune au regard de laquelle chacun a des "lacunes" - disons des écarts consubstantiels, des absences, des black out - différentes ; on appellera ça une bizarre mais certaine façon de se compléter, et qui pourtant ne donnera à aucun moment le désir de les voir ne plus jamais se désemboîter, au contraire le résultat rappelle et met en valeur en regard ce que chacun possède de viscéralement différent et de propre malgré ce réciproque désir de se perdre dans la chair de l'autre, et donne une brûlante envie de les réécouter séparément, tant ici on ne distingue plus quel membre est à qui dans l'enchevêtrement, où l'on ne saurait dire du reste de ces membres lesquels ont quelqu'un à l'autre bout et lesquels viendront tout seuls si l'on devait tirer dessus...
Or donc, cette nouvelle mêlée de Thou & The Body est bestiale ; Thou y apporte son sludge de cauchemar croquemitainier et pas son post-rock paludéen, The Body y apporte... ses cauchemars bruts, non mis en forme, mais émondés de leurs plages d'hébétude catatonique contemplative ; et ainsi The Body amène-t-il aux penchants les plus féroces de Thou, affinés comme les voici, le bénéfice de son copieux supplément de barbarie hallucinée et infantile ; le résultat, avec une logique dont on se fout un peu beaucoup du degré exact, est un groupe de sludge à la fois solidement, durement charpenté et rythmé, et complètement, irréversiblement pollué de la caboche et des bronches, dégénéré complet du genre à s'étouffer s'il devait respirer une goulée d'air à moins de 85% de monoxyde de carbone ; un groupe, donc, industriel à souhait, quasiment du power electronics mais en version terre-à-terre, favela, jouable instruments rock au poing, une chose non seulement malveillante, mais malfaisante, nuisible, qui en remontre autant aux Staer et Child Abuse qu'aux si souvent portés aux nues Swans de Filth, ou aussi bien à peu près à n'importe quel groupe de hardcore passé au noir et wanna-be-doomy des jours d'aujourd'hui.
Ah, pour ça, on ne sera jamais couché si on commence à essayer de choisir entre décréter si le disque est fondamentalement l’œuvre d'un groupe de punk hardcore, ou alors d'industriel ; d'autant que le machin phagocyte et amalgame à son homogène précipité de merde chimique tout ce qui lui passe à proximité, à preuve cette terrifiante reprise d'une chanson de la période garçon coiffeur de Trent Reznor, et qui pourrait parfaitement résumer la définition sur ce disque de l'entité qui le joue : l'équilibre parfait, j'imagine, d'une certaine façon - bien barbouillée. Un groupe, voilà surtout ce qu'on entend avec certitude ; et ce groupe n'obéit pas aux lois émollientes des super-groupes, puisqu'il n'y a pas de supers ici, que des monstruosités ; ce groupe, donc, est, très simplement, une monstruosité comme on n'avait encore pas vu la pareille. A moins qu'on ne soit juste en train d'écouter les rêves d'une bande de hyènes.

You, Whom I Have Always Hated en trois mots : râblé, sanguinaire, carbonisé




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