Slow End
Special Low Frequency Version
Priez !
La Nuit, les Charrues...

Avis des chroniqueurs

gulo gulo
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x Cd)
Label
Autoproduction
Avec
José : guitare baryton, bucleur, granulateurs, graviers, kick, cajon
Serge : mégaphone, tamis, tôles, harmonica, appeau, oscillateurs, field recordings
Tracklist
1. Monségur
2. Malebête
3. Six cold feet
4. Défiances
5. Araire
6. The levee
7. Démolition
Remarque
"The Levee" d'après Memphis Minnie, Led Zeppelin, Kristin Hersch
"6 cold feet" d'après Mick Collins et The Gories
 

BRAME (France)

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Industriel Blues rock

Chronique par gulo gulo, le 15 juillet 2013
(587 lectures)

Avais-je dû à l'époque de Tenaille davantage deviner le blues que l'entendre ? Difficile à dire, d'ici, une fois qu'on l'a entendu, une fois qu'on les a vus le jouer, aussi...
En tous les cas, cette fois-ci, du moins là-dessus n'y a-t-il plus de mystère, plus de doute ou de mirage : on le hume à plein poumon, ainsi qu'une riche, puissante odeur de fumier. Normal, eh ! C'étaient déjà pas des perdreaux de l'année, ils ont pas rajeuni entretemps. Et le blues les obsède, ces hommes-là (hein ? encore une version du riff de Levee ? vous voulez vraiment pas dégueuler du riff inédit par palettes entières, comme tout le monde, plutôt ?) ; ou les habite ; ou les nourrit, plus simplement, comme fait l'air, parce qu'il leur paraît aussi naturel et sans phrases que pisser un coup. Mais néanmoins il leur rôde aussi dans l'esprit, et ils le travaillent, sans fin, le besognent, à la chignole, au fond de leur cagibi enfariné de sciure, avec la même application de semi-ours que leur camarade Guimo là-bas dans la forêt voisine - car il y a et d'évidence au moins autant de lui, de ses spectraux airs de Daniel Darc remonté dans l'arbre, que d'Unsane, de Hems et de Godflesh dans les longs et acharnés assauts que soutiennent les frères Brame contre leur matériau de travail, au soc, à la bêche, au rabot, au râteau, à la pioche - et durant lesquels point ne devez vous attendre qu'ils fassent trop attention à l'identité exacte dudit matériau, terre arable, morceau de charpente tombé, votre pauvre truffe, ou leurs propres panards, qui leur arrachent des hurlements transis qu'ils attribueront sans se démonter ni remarquer le sang, à l'effort qui déchire les muscles exténués, signifiant par là qu'on est sur la bonne voie, et qu'il faut continuer de s'échiner et s'échiner et s'esquinter, jusqu'à ce que la nuit tombe, et que la bête aussi, enfin l’œil jaune mi-clos sur la campagne et son inquiétant fourmillement nocturne, le balancement du labeur s'attardant encore fantomatiquement dans les membres engourdis par l'arrivée des rêves, le blues vissé au trognon, à perpète.

La Nuit, les Charrues... en trois mots : fier, inflammatoire, labourant




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