Slow End
Special Low Frequency Version
N'en parle pas aux flics
Bitch - Huata split

Artistes participants au disque

HUATA Web
BITCHO Web

Avis des chroniqueurs

F. W. Furter
Note

Informations

Première édition
2013 (1 x Cd)
Label
MusicFearSatan
Avec
Bitcho : bjorn - batterie
joost - basse
wim - basse
jaap - basse
johan - claviers
tresjer - chant

Huata :
Ronan Grall : chant et clavier
Benjamin Moreau : basse
Alexis Darnoux : batterie
Christophe Marconato : guitare
Tracklist
1.HUATA - the retaliator 15:29
2.HUATA - hercolubus 05:25
3.BITCHO - 10050 cielo drive 12:44
 

Chroniques de splits et de compilations


Traditional doom Stoner Psyché

Chronique par F. W. Furter, le 22 avril 2013
(768 lectures)

Il est toujours difficile et délicat de parcourir à l’inverse le dédale menant de l’idée à la réalisation, trop nombreux sont ceux qui s’y sont essayé et qui ont échoué ; mieux vaut envisager de créer son propre labyrinthe, et l’analyse revêtirait ainsi une forme créatrice, complétant – et non pas expliquant vainement - l’œuvre dont il est question.

A l’écoute de ce premier morceau de Huata (puisqu’il s’agit de deux parties indissociables), je ne peux m’empêcher de penser à ses travaux antérieurs : « Open the Gates … » qui serait un premier acte de violence perpétré par ces bêtes encore désorganisées qui découvrent seulement leur potentiel, « Atavist of Mann » empreint de mystère, de secret et de curiosité, puissant et galvanisé par la découverte, et finalement ce morceau marquant le départ vers Jupiter. Voyage logiquement à peine commencé si l’on juge par l’appel final des cuivres. Et si j’ose ce parallèle avec 2001 : A Space Odyssey, c’est pour aborder ce qui est pour moi le monolithe de Huata : l’équilibre, ce qui m’a été révélé lors de ce début de voyage. Les cordes ne sont plus ce bloc dense, et désormais évoluent chacun de leur côté, avançant toujours ensemble – ce qui est autrement plus redoutable. Un essaim sonore dans lequel la basse s’autorise plus de digressions, tandis que la guitare, toujours aussi massive nous surprend parfois à être mystérieuse et tendue. Le clavier est d’avantage mis en avant, alors que la voix est à mon sens bien trop enfouie dans le mix alors qu’elle n’a rarement eu cette importance et complexité. On pourrait croire que Huata a changé, mais non : il est seulement question d’évolution, comme le rappellent ces anacrouses récurrentes, caractéristiques du groupe, ou encore les harmonies vocales qui avaient fait leur apparition sur le premier album. De même pour cette recherche d’une vie inhérente au son, lequel est une réussite totale tant il est organique. Huata ne cherche donc pas à être en rupture avec son passé, mais bien selon moi à répartir les poids de sa composition, qui même si parfois elle se fait hésitante, nous embarque volontiers à bord de la navette, nous promettant un sacré voyage.

Un voyage dont Bitcho ne fait visiblement pas partie, tant leur musique reste empreinte de gravité. Le groupe ne joue pas contre le temps ni essaye de s’en servir, il le martèle sans cesse, essayant de l’anéantir dans une boucle viscérale qui, au final a bien du mal à sortir de son propre sillon, jusqu’à devenir un simple point dans l’espace. Ce serait un peu comme le mouvement perpétuel d’un énorme piston de trois basses, simple, mécanique, acteur de son seul et unique mouvement, qui au cours du temps devient routine puis oubli. Seule l’arrivée du chant, éthéré et contrebalançant la composition, parvient à réveiller notre vigilance avant la disparition abrupte et sans raison de toutes secousses.

Un split LP qui donc me partagera entre attrait et indifférence, malgré la sublime illustration de Benjamin Moreau qui vaudrait à elle seule l’achat du vinyle.

Bitch - Huata split en trois mots : Equilibre, statisme, gravitation




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