Slow End
Special Low Frequency Version
Let's groove, sonic muthafuckaaaaa !
Rampton

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saimonax
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Krokodil
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F. W. Furter
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Derelictus
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Informations

Première édition
2002 (1 x Cd)
Label
Rise Above
Avec
Lee DORRIAN (chant), Justin GREAVES (inconnu), Greg ANDERSON (inconnu), Stephen O'MALLEY (inconnu)
Tracklist
1. He who accepts all that is offered (feel bad hit of the winter)
2. New pants & Shirts
3. The Smiler
Remarque
Le groupe s'est bien baptisé ainsi en hommage au titre de Earth du même nom
La deuxième titre est une reprise de Killdozer
Line-up inconnu de façon précise
 

TEETH OF LIONS RULE THE DIVINE (États-Unis)

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Drone doom Freak doom

Chronique par saimonax, le 19 mai 2004
(889 lectures)

Lorsque l'on parle de Teeth of Lions Rule the Divine, on fait irrémédiablement face à l'un des albums de doom ultime qui me tiennent particulièrement à coeur. Le genre d'oeuvre dont on ne se remet jamais vraiment, à cause de l'abattage sonore qui nous colle au sol sans aucun moyen de défense.

3 titres pour 54 minutes. Rien que ça. Le premier titre, du haut de sa demi-heure, est en quelque sorte le mouvement principal de cette symphonie de l'enfer. Après une intro batterie + grésillement vrombissant en fond sonore, digne d'un Leng Tch'e des fameux Naked City, un lambeau de guitare apparaît au loin, dans un riff hommage à Earth (oui, forcément) qui rappelle un peu Khanate (hé oui, n'oubliez pas que Stephan O'Malley est de la partie.). Sachez que durant ce titre de 30 min, seul deux riffs se succèderont. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous aurais pas prévenu. Après une très très lente progression avec effets flanger à fond les manettes, le joyeux luron Lee Dorian pose sa voix vomissante pleine de mort, scandée sur un rythme quasi ritualistique, syllabe après syllabe, emplie d'une douleur toute haineuse. les yeux qui saignent, la bouche qui pleure. L'apocalypse vue par un cadavre. Ici et là, quelques larsens bienvenus, simulant l'amputage viscéral, aux côtés de cette batterie reverbée à mort. Lorsque le deuxième titre arrive, le groupe simule un soulagement à guitare claire. le sourire ironique, vicieux. avant de nous balancer un cercueil dans les oreilles, Lee Dorrian distordu par la douleur, pénétré par un démon Asaghtothien, rythmé par ces instruments d'exécution sauvage finissant par un long grésillement de l'au-delà. Puis notre troisième et dernier titre arrive, 18 min, et dès lors, Dorrian se noie dans son propre sang, durant un long passage atmosphérique dronesque où il pleut du souffre, des larmes et de la douleur. Des corbeaux pleins les yeux, des bruits sismiques, l'antre s'ouvre pour absorber la moindre lueur d'espoir. lors de la chute, l'apaisement envahit, car la mort arrive pour nous libérer enfin, Dorrian absorbe ce qui lui reste de vie pour nous parler d'une voix calme et posée, presque sereine, accompagné de ce qui pourrait être le battement de notre coeur agonisant. avant de toucher le fond, dans les entrailles du drone doom sanglant et mortuaire.

Tous réunis enfin, en enfer, portés par un charognard et ce disque ultime au line-up cinglé, crâmé par la vie et la drogue, la mort et le doom. Bienvenue chez les morts.

Rampton en trois mots : Fin du monde




Traditional doom Drone doom Rituel

Chronique par gulo gulo, le 25 septembre 2017
(280 lectures)

Aujourd'hui dans notre séquence "Que sont-ils devenus ?" : quinze ans après, que reste-t-il de Rampton, ce disque si emblématique de la bulle "Southern Lord et le drone" du début des 00's ?

Greaves : grillé, depuis que, d'une, il ne joue plus dans Electric Wizard (dont depuis personne n'a plus grand chose à foutre non plus, d'ailleurs), de deux, il a tenté de se faire verser un salaire d'artisme tourmenté et pensif par crowdfunding.

Anderson : parvenu, avec un succès insolent, à pérenniser cet état de bulle que son label avait atteint, en le transposant, à intervalles réguliers et toujours juste à temps avant que la chose n'éclate, de nouveau genre à la mode en nouveau genre à la mode, laquelle mode tout à la fois il fait et il suit : aux dernières nouvelles Southern Lord était Le label du blackened crustcore, mais Greg vient de sortir le nouveau Unsane, et une relance encore plus improbable que la précédente n'est pas à exclure.

O'Malley : devenu un crevard de Parisien.

De Teeth of Lions Rule the Divine, finalement, il ne reste que Dorrian. Lequel vient, premièrement, de sortir avec le premier album de With The Dead (l'autre truc était une démo direct from rehearsal, ça se voyait rien qu'à la pochette : ne me dites pas que vous n'aviez pas percuté ?), ce qui constitue le troisième pas - le tempo est Doom, mon garçon - dans une charge héroïque dont le premier s'intitulait Forest of Equilibrium et le second Rampton, et donc de prouver que, derrière ce dernier, artefact en apparence symptomatique d'une certaine époque où tout disque s'il voulait qu'on en parle comme le truc le plus heavy et taré de la semaine devait avoir Stephen O'Malley collé quelque part, il était peut-être quant à lui le seul acteur réellement déterminé et doté d'un peu de suite dans les idées ; et deuxièmement, nous foutre le nez dans une révélation que peut-être on avait trop tardé à se payer, à savoir : que le fameux disque d'industriel monumental, inhumain, sacrificiel et tout le toutim mythologique, dont depuis des années l'on nourrit la croyance inébranlable que d'autres nécessairement que Broadrick en sont capables, dans la famille Napalm Death... Il n'était peut-être pas à espérer - moitié en vain - de Shane Embury.

Écoutez voir le premier morceau, sous son titre là encore tellement daté avec son clin d’œil aux Queens, dont la finesse est typique des deux hommes qui auraient monté leur groupe-hommage à Earth "dans le but de forcer le transit intestinal du public" : le pont entre Public Castration is a Good Idea et "Go Spread your Wings", vous le voyez, devant vos yeux épouvantés et émerveillés ? Et la reprise de Killdozer, n'est-ce pas entre le premier Harvey Milk et Cop, qu'elle jette une dalle de béton qu'on avait oublié avoir commencé de deviner un jour ?

Peu importe, à la vérité, de savoir si dans les faits c'est bien Oncle Lee qui a dirigé les opérations, ou si les deux margoulins (Greaves ? restons sérieux, s'il vous plaît ; et laissons le faire son travail : faire les échines ployer) lui ont, consciemment ou pas, disposé sous les pas moribonds le tapis de pétales de roses qui lui était dû de droit divin, lorsqu'ils ont dévidé par pleins seaux les riffs qui devaient lui servir de bauge où régner ; Rampton finalement est un moment de magie, peut-être une des rares choses à retenir d'un Âge d'Or Southern Lord dont il faudra bien un jour faire le biopic avec Michael Douglas et Charlie Sheen, une des moins douzième degré et datées - tant au-delà même de la gloire d'appartenir à la famille esthétique susdite, elle inscrit également cette dernière dans une continuité avec la voie ouverte par un Suisse répondant aux prénoms de Tom et Gabriel, en incluant au passage à l'ample trajectoire la putride contribution des premiers Electric Wizard, ainsi que les cauchemars lourds et collants comme le brouillard nocturne de Lurker of Chalice.

Puis, allez, soyons beaux joueurs : si Soma est devenu ce suffisant connard, c'est aussi parce que, comme bien souvent en pareils cas, c'est au départ quelqu'un de particulièrement cultivé. Entendez donc comment "The Smiler" emballe le tout et fait du disque rien moins qu'un album de doom pur, tout en poussant la chose jusqu'à ce qu'elle peut intrinsèquement avoir de plus extrême - ce qui fatalement lui donne des accents étrangement proches de Funeralium...

Toutes choses qui permettront d'enfin cesser de recommander le machin, ainsi qu'on le faisait alors, comme la dernière camelote prescrite aux accros maladifs des sensations fortes déjà rassasiés du dernier Khanate en date ou Sunn O))), et de le déguster comme ce qu'il est, à savoir un épique prêche pour la plus grande gloire de la boue plus éternelle que les neiges du même nom, un baptême grandiose dans le ciment frais, où les épaisses inflexions de Lee font un plus impitoyable goupillon encore que les moulinets brutaux de Greaves. Du drone, mais alors enluminé, tel qu'une relique pourrie découverte dans les décombres d'une église médiévale, par le plus dévot et talentueux des copistes, à déguster ainsi qu'on le fait d'un vieux Melvins (d'avant qu'ils deviennent comiques de profession), ou qu'on lèche la jatte où maman a préparé le cake. Une extase couleur de mastic.

Rampton en trois mots : en, pâte, collante




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