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Rétrospectivement cet album d'Om m'apparait comme leur plus apaisé, si tant soit peu leur musique pu être un tantinet survoltée... A l'heure actuelle, mon avis a du sensiblement évoluer du précédent, énoncé lors de la rédaction de ma première chronique de ce disque, perdue à jamais dans les désormais sombres heures du site. Il faut dire qu'à l'époque, j'attendais cet album comme le loup blanc. Les changements étaient drastiques et m'effrayaient tant Cisneros nous avait habitués au même train-train dans lequel il excelle toujours aujourd'hui. Changement de label, du mystérieux Holy Mountain au monstre dévoreur surexposé et désormais surévalué Southern Lord et changement de producteur, du fidèle compagnon d'armes depuis les débuts du duo dans Sleep, Billy Anderson, pour la figure emblématique de la scène noise rock et de la production réaliste, Steve Albini. Om ne prenait pas vraiment de risque, s'offrant plutôt les meilleures cartes pour retranscrire sa quête philosophique et musicale mais j'étais néanmoins légèrement anxieux.
Ayant digéré Pilgrimage depuis, connaissant depuis l'évolution du groupe, le constat est évident. Il ne l'était moins à l'époque.
Voulu sans début ni fin, un voyage aller et retour, un... pèlerinage, l'album n'est pourtant pas sans queue ni tête. Fade in, Fade out, on pénètre et on ressort du trip avec légèreté malgré la pesanteur du son, sans douleur ni souffrance. Le plus dur reste d'appuyer sur stop, si on a eu l'idée de programmer la platine CD en repeat all.
Ayant usé maintes et maintes fois le fameux thème, comment Om allait il s'en sortir et ne pas se mordre définitivement la queue, sortir de cette boucle, vaincre cet ouroboros qu'il s'était lui même imposé? Aujourd'hui, à l'écoute de God is good, tout est évident, en 2007 non. Testament final de l'une meilleures sections rythmiques des styles qui nous unissent, Om prouve via Pilgrimage que les deux voies empruntées jusqu'alors n'en formaient qu'une, l'apaisée nous faisant entrer en méditation avant que la saturée ne déclenche la transe, l'apogée d'une réflexion basée sur la théologie et l'étude des rythmes tribaux lui servant de vecteurs... Une sophistication intellectuelle prétentieuse et complexe qui pourtant passe comme une lettre à la poste. Elle est aidée en cela par un son limpide et pur, une production d'une clarté jusqu'alors jamais atteinte par le groupe. J'ai depuis 2004 loupé de nombreuses occasions de voir le groupe live, avant de définitivement jeter l'éponge concernant mes tentatives après l'annonce du départ de Hakius, tant la symbiose ne pourra être retrouvée à mon sens par le batteur de Grails, aussi talentueux soit il, car le lien qui unissait les deux hommes originaires de San José s'était bâti sur les années. Toujours est il qu'à l'écoute des 2 albums désormais produits par Albini, je ne regrette en rien ces ratés, tant le groupe ici sonne chaleureux et vivant. Un choix aujourd'hui plus que compréhensible et apprécié.
Fin d'un cycle, prouvé en cela par God is Good, par Pilgrimage Om atteint l'apogée de son style et la fin d'au moins une de ses quêtes, celle du son et en rédige ici les conclusions.-A Clarion Call, Février 2010
Pilgrimage en trois mots : processionnaire, envoutant, apaisant