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Ne le nions pas, la première des raisons du succès de Hooded Menace, c'est son thème. Quasiment toutes les figures du cinéma et des légendes folkloriques horrifiques ont été utilisées maintes et maintes fois, mais c'est une grande première qu'un album entier (Cathedral ne leur ayant rendu hommage qu'au travers quelques morceaux ou artworks) et le concept même du groupe célèbre ainsi ceux qui figurent dans ma panthéon personnel des figures les plus charismatiques du cinéma d'horreur, les fameux templars, plus connus sous le nom de Blind Dead, créations/créatures d'anthologie et pourtant si méconnues, du cinéaste espagnol Amando de Ossorio, qui firent régner la terreur via le raclement lors de l'ouverture de leur pierres tombales, le craquements de leurs os desséchés et le bruissement de leurs capes immondes grouillant autant de vermines que leurs visages putréfiés et aveugles. Des moines zombies marchant lentement, galopant encore moins vite sur des montures aussi décharnées qu'eux et se repérant aux bruits de leurs victimes avant de trancher via leurs épées rouillées.
Bref, du pain béni pour tout groupe de death putride ou voir de doom en manque d'inspiration. Cela tombe bien, Hodded Menace pratique le premier avec des tempos dignes du second.
Cependant, limité l'intérêt de groupe à ses aspects visuel et contextuel serait hypocrite même si je ne peux nier que ce furent ceux-ci qui déclenchèrent mon intérêt. N'attendez pas de ma part de quelconques références pointues permettant de décrire le son ou le style de doom-death que pratiquent les suédois. Le maître d'œuvre devant la réussite de son entreprise, s'est vu pris d'une fièvre frénétique créatrice qu'il retranscrit au travers une désormais multitude de groupes qui, ne le cachons pas, partagent de nombreuses similarités (Acid Witch, Claws, Vacant Coffin etc.). Vous venez de vous rendre compte que je ne vous ai pas menti, je ne suis qu'un amateur dilettante du death et je ne connais que très mal mes classiques. Ne vous embêtez donc pas à lire la suite, puisque les vaines tentatives de vous décrire Hooded Menace seraient rapidement résumées par vos soins via une liste sélective et bien choisie de quelques groupes emblématiques.
Je m'arrêterai pour ma part, avant de commettre un sacrilège qu'on ne saurait éventuellement pas me pardonner, à ma précédente comparaison, lors de la rédaction de la chronique du 7 pouces qui fut à l'origine de tout, à citer la rencontre presque logique entre Entombed et le côté pâteux et glaireux des premier Cathedral, jusque Soul Sacrifice inclus.
Le tempo mastodonte des seconds secoue les tripes via la puissance sonore et le rythme
martelant des riffs imposés par les guitares grasses et granuleuses des premiers. Aucun morceau de la principale partie de l'album ne se détache des autres, chacun expose la même recette lourde et indigeste: riffs tétaniques à la thématique marquée, contrebalancés par des coups de boutoirs qui assomment littéralement, via une batterie qui s'applique à faire avec soin son travail de sape réglementaire, nos chairs palpitent au même rythme que la double pédale et une basse aussi peu agile qu'épaisse et dégoulinante. On se plaira ici et là à reconnaître le thème fort de 'La noche terror del ciego' qui fut sans conteste avec le 'charisme' des personnages principaux la clef de la réussite du film et de ses 3 suites qui ne brillaient pas par leur scénarii mais par leur ambiance. De ce point de vue, l'hommage de Lasse et ses amis est en tout point réussi, tant l'ambiance morbide et caverneuse des films, des tombes et des ruines, fiefs des Blind Dead se retrouve aisément dans le doom death putride et poussiéreux de Hooded Menace.
On appréciera pour finir la reprise du thème principale d'un autre film d'épouvante marquant, 'Manhattan baby'. Exercice de style studieux mais sans réel surprise qui semble promis à être répété comme tradition, puisque figure en fin de tracklist du second album à venir le thème des aventures de Ash contre les forces du mal.
Un album qui aurait pu rester un one shot, mais comme évoqué juste avant, la suite est déjà écrite, justifiée sans aucun doute par l'accueil assez phénoménal pour une sortie aussi underground. Reste à savoir si le manque de variations ou le thème choisi, aussi plaisant que néanmoins réduit soit-il, ne (si vous me le permettez) Lasse pas (pardon)...-A Clarion Call, Février 2010
Fulfill the curse en trois mots : cinématographique, putride, rampant