
| Almost invisible |
Oh, mais vous vouliez du dark & psyché qui tache ? Du vrai de vrai trou noir qui laisse des marques au fer rouge des tympans jusqu'aux neurones ? Du pur jam de rituel, cabalistique et ésotérique ? Fallait me prévenir, je vous aurais sorti mon Almost invisible plus tôt.
Et oui, ce disque est dans son genre, une colossale, une monstrueuse entité de psychédélisme. Avec les drones obscurs d'un krautrock balbutiant, les premiers Tangerine Dream en tête. Avec les gargouillements noise et aveugles d'un bon Skullflower. Avec des guitares qui hurlent et sifflent, des rythmiques fuligineuses, des lignes de basses inquiétantes, des emballements pernicieux, une ambiance comme SunnO))) crèverait d'en atteindre un jour : grave, obscure, et proprement massive.
À tous ceux qui s'imaginent à tort que bidouiller un manche de guitare pendant plus d'une heure induit automatiquement un dégueuli de couleurs vives, d'amour et de paix, l'écoute de ce Almost Invisible je recommande plus que chaudement. Ils y auront tout loisir de constater qu'avec du vert foncé, du pourpre vif, du gris et du bleu royal, on arrive à agencer une toile de fond qui pique tout autant les sens, qui est saisie de la même chaleur, et qui pourtant évoque bien plus nettement le big crunch qu'un champ de jolies fleurs avec des hippies dedans.
D'aventure, si vous avez toujours trouvé fascinant l'incandescence et le nuage de fumée qui se dégagent d'un pétard allumé dans le noir, aucune hésitation, ce disque est pour vous.-Rocky Turquoise, Janvier 2010
Almost invisible en trois mots : sibyllin, psychédélique, massif