Alice
 

De l'autre côté du miroir...

Par le Minet-du-comté-de-Chester

GALAXIE 500 - On Fire 

GALAXIE 500 : On Fire

(1989, Rough trade records)

On Fire

Avec un titre déjà inopportun à l'époque et d'autant plus ironique en 2017, alors que l'expression « être on fire » est probablement en passe de rentrer dans le Larousse, quel regard porter sur ces braves Galaxie 500 pas loin de trente ans plus tard ?

Un regard dubitatif, probablement, déjà devant la pléthore d'étoiles qu'il se trimballe dans les notations, et certainement couvert à demi par des paupières un peu lourdes après les quarantes minutes du bousin. Je voudrais pas être méchant, la fragilité globale du groupe est palpable, c'est pas complètement nul non plus, à vrai dire je crois même le trouver sympathique, mais c'est avant tout très loin d'être bien : qui aurait envie d'entendre cet espèce d'ado mi-bouquetin mi-Johnny Rotten fleurter paresseusement avec la justesse de ton et pigner tout du long de l'album ? D'autant que je suis même pas sûr que l'album soit vraiment triste, je note simplement que s'il y a une intention de dégager des émotions positives là-dedans, ça devait pas trop s'affoler autour de Dean en soirée jadis.

Trois accords par chanson, ce qui est bien sûr un faux argument (clin d'oeil à Discouraged ones au fond de la salle), rythmique de gosse asthmatique, son de guitare humide et traînant au grattage abruti, ambiance (hahaha) à peu près nostalgique, on comprend l'attribution de la paternité du slowcore mais on a pas personnellement envie de lui accorder pour autant.

On fire ressemble surtout à un disque enregistré par la petite troupe loisir formée dans l'aile psychiatrique de l'hôpital du coin que l'on achèterait par tendresse charitable, un truc tellement blindé de Prozac que l'on n'y discerne aucune émotion véritable, seulement des hymnes supra-mollassons, duveteux et simplistes, joués par des patients abrutis par les doses de cheval, menés par un autiste baveux qui prend certainement, dans son monde à lui, un pied pas possible. Et franchement, ils se démerdent pas si mal ! Pas sûr qu'il y ait grand chose de thérapeutique là dedans cela dit, ça pue l'enfermement masqué derrière un sourire faiblard et hébété, et l'échappatoire suicide qui ne sort jamais vraiment de la tête.

Le souvenir cotonneux qu'il laisse derrière lui, de même que ses images de grands espaces, canyons, couleurs rouges et ocre des crépuscules arizoniens que j'imagine, qui pourraient très bien être les posters dans les chiottes de l'hosto, donnent quand même à ce On fire un goût de reviens-y cyclique, pas désagréables mêlé à l'embarras général.  

-EyeLovya, le 21 octobre 2017
(299 lectures)