Alice
 

De l'autre côté du miroir...

Rien ne sert de pleurer comme ça

Pankow - Times 

Pankow : Times

(2017, Artoffact)

Times

Sacrés macaronis. Dès ces tout premiers morceaux (parus alors sur deux compilations), Pankow, même si ce ne sont pas encore ce qu’ils deviendront assez rapidement de monstres d’ironie glacée-glaçante et de pince-très-fort sans rire, même si c’est encore très gogoth… Ca ne rigole pas de trop. On sent – comme on sent une petite fraîcheur en fourrant son museau dans le freezer – la violente influence de tout ce qui vient de se passer, en Angleterre avec Death in June, Sixth Comm, Joy Division, Seventeen Seconds… et près de chez eux avec Kirlian Camera : c’est une chose certaine ; mais ces sagouins-là ont la vicieuse mufflerie, à la fameuse trompette par exemple, de carrément substituer un saxophone, vous lisez bien, et même de le laisser déraper dans ce que l’instrument peut avoir, en contexte eighties, de plus… eighties : vous voyez le genre ? On pourrait même se demander si à sa façon il ne préfigure pas ce qu’en fera plus tard un Robert Smith, en l’invitant au pays de la cold comme s’il n’était rien de plus naturel. Figurez vous donc que cela passe tout seul sur cette musique du frigidaire, bien malade et suicidaire : le disque se paye quand même le luxe de vous rappeler le passage et la parenté qu’il y a, via par exemple Absolute Body Control (toujours que de la petite référence, hein ?), entre Joy Division et The Klinik. On pourra même se demander si The Knife a écouté "Only Confusion", ou bien s’ils en ont seulement rêvé ? Et puis ce premier chanteur qu’ils avaient là se défend tout de même de façon fort honorable, bien mieux qu’un vulgaire chauffeur de siège pour le délicieux Alex Spalck.

Bref on sent que certains jours, et sous certain rapport, on tient là pas loin des meilleurs morceaux de Pankow et que ne se fût-il agi de morceaux rassemblés à partir de participations à des compilations, l'on tiendrait également avec lui un mini de la famille des premiers Killing Joke, Sonic Youth et Swans.

Il ya des fois, il faut l’admettre, je comprends le plaisir qu’éprouvent les historiens et les archéologues.

-gulo gulo, le 11 mai 2017
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